Aujourd’hui, les villes doivent intégrer des fonctions écologiques essentielles pour mieux faire face aux enjeux environnementaux : la gestion des eaux pluviales, la régulation des températures ou encore le maintien de la biodiversité deviennent des éléments centraux dans l’aménagement urbain.
Dans cette optique, le végétal occupe une place cruciale. L’urbanisation a fortement réduit sa place, ce qui accentue des phénomènes comme les îlots de chaleur ou l’appauvrissement des milieux naturels. Réintroduire des arbres en ville permet de répondre concrètement à ces problématiques, en recréant des espaces capables de réguler leur environnement et d’accueillir du vivant. Les projets de plantation s’inscrivent dans cette dynamique, en transformant des espaces dégradés ou peu végétalisés en zones fonctionnelles, utiles à la fois pour l’environnement et pour les habitants.
Un exemple concret : le projet de forêt urbaine à Sourcieux-les-Mines
En 2022, les Brigades Nature Rhône ont participé à l’appel à projets « 3 millions d’arbres pour nos forêts », financé par Reforest’Action. Le chantier a été mené à Sourcieux-les-Mines, à proximité immédiate d’une école primaire. L’objectif était de créer une forêt urbaine sur une surface de 500 m², dans un espace initialement peu favorable au développement naturel de la végétation. Pour y répondre, les équipes ont utilisé la méthode Miyawaki, qui repose sur une plantation dense d’essences locales, permet de recréer rapidement un couvert végétal et d’accélérer la formation d’un écosystème forestier, même sur des sols dégradés.
Un chantier structuré et intensif sur le terrain
La réalisation du projet s’est déroulée sur une période courte, mais avec une organisation précise. Une équipe composée d’un encadrant technique et de six salariés en insertion a été mobilisée pendant quatre jours pour mener l’ensemble des opérations. Le travail a débuté par la préparation du sol, étape indispensable pour favoriser la reprise des plants. Les équipes ont ensuite procédé à la plantation de 1 500 arbres, issus de 20 essences locales, afin de garantir une diversité végétale adaptée aux conditions du site.
Une fois la plantation réalisée, la parcelle a été paillée pour conserver l’humidité du sol et limiter la concurrence des herbes. Une protection a également été mise en place pour sécuriser l’espace et assurer le bon développement des jeunes arbres.
La densité de plantation est un élément central de la méthode. Elle permet de créer rapidement un environnement végétalisé, de limiter l’exposition directe au soleil et de favoriser la création d’un microclimat plus frais à proximité de l’école.
Un projet qui implique aussi les scolaires
Le chantier a également intégré une dimension pédagogique avec la participation des élèves de l’école voisine. Sur une demi-journée, les enfants ont été associés à la plantation aux côtés des équipes.
Cette implication permet de sensibiliser concrètement aux enjeux environnementaux, en rendant le projet visible et compréhensible. Les élèves peuvent ensuite suivre l’évolution de la forêt au fil du temps, ce qui renforce le lien avec leur environnement immédiat.

Un chantier formateur pour les équipes
Au-delà de son impact environnemental, ce type de projet constitue un support de formation concret pour les salariés en insertion. Encadrés par un professionnel, ils participent à toutes les étapes du chantier, ce qui leur permet d’acquérir des compétences techniques directement liées aux métiers de l’environnement. Ils apprennent à préparer un sol, à planter, à organiser un chantier et à comprendre les enjeux écologiques associés.
Comme le souligne Sylvain Petit, responsable de secteur aux Brigades Nature Rhône : “ce type de chantier permet de structurer le travail des équipes autour d’un objectif clair, avec un résultat visible immédiatement. Le fait de pouvoir revenir sur site pour observer la croissance des arbres renforce également leur implication.”
Un suivi nécessaire pour assurer la réussite du projet
Après la plantation, un suivi est mis en place afin d’accompagner le développement de la forêt. Des interventions ponctuelles, comme le désherbage et l’arrosage, sont réalisées pour assurer la bonne reprise des plants.
Cette phase est essentielle, car elle conditionne la réussite du projet sur le long terme. Elle permet de sécuriser les jeunes plantations jusqu’à ce qu’elles soient suffisamment développées pour évoluer de manière autonome.
Des résultats visibles sur le terrain
Après trois ans, la forêt est aujourd’hui autonome. Elle accueille une biodiversité plus importante qu’un boisement classique et contribue à améliorer les conditions locales, notamment en limitant les effets d’îlots de chaleur.




